mardi, décembre 11, 2012

Gare Centrale, Place de l'Albertine




Great winter layering! :)

vendredi, octobre 12, 2012

NYC: La fois où j'ai cru que j'étais S.


Enfin non pas S., pas B. Non, mieux ! Un condensé des deux, Serena sans son poireau à côté du nez et Blair sans son double menton, un délicieux cocktail de wonderfulness, vertigineusement talon aiguillée, brushinguée, et full de self confidence...Prête à faire la fête jusqu'au bout de la nuit à New York la ville qui ne dort jamais. Je suis la déesse de la night new yorkaise, Je suis Queen BFF, je suis...en retard !





Mais mon accoutrement (mini jupe + escarpins) ne permettant que des enjambées limitées dans leur efficacité, je trottine plus que je ne courre vers le métro. C'est à cet instant que je réalise que je ne suis effectivement pas Serena van der Woodsen parce que si j'étais Serena van der Woodsen je serai dans une limo en train de boire du champagne avec Chuck, or je suis à présent en train d'attendre le métro avec pour seule compagnie un sans-abri (quoiqu' il a l'air fortement alcoolisé ce qui marque un gros point commun avec Chuck ! ). Mais ça ne m'empêchera pas d'être la déesse de la night. Pour ne pas me sentir boudinée dans ma robe (que j'ai prise XS pcq le vendeur était mignon et que je ne voulais pas qu'il me prenne pour une grosse en checkant mon étiquette), j'ai eu la brillante idée de sauter mon repas. Mais pas folle la guèpe, comme je suis la personne que Serena van der Woodsen rêve secretement d'être, j'ai pris un smoothie à la spiruline à emporter pour arnaquer mon estomact qui n'y verra que du feu. (et me le fera indéniablement payer le lendemain).

Le trajet en métro se passe sans encombres dans les entrailles de Manhattan et ce, jusqu'aux escaliers menant à la 5th Avenue. Comme je gravis les marches du mieux que ma jupe me le permet, l'abominable cruauté de l'existence me rattrappe. Il ne suffit que d'une seconde pour faire basculer une vie comme on dit, eh bien pareil pour la soirée de ma vie (celle où Chuck va me demander en mariage parce que m'avoir moi est l'équivalent d'un threesome avec Serena et Blair). Une seconde, ce qu'il faut à la peau échauffée de mon talon pour frotter la paroie de l'escarpin un fois de trop et à ma peau de se déchirer en ce qu'on appelle communément "une putain d'ampoule ouverte à vif et bien douloureuse". Qui va prendre soin de foutre votre soirée en l'air. J'ai distinctement entendu le "schriitch" fendre le silence des rues newyorkaises, comme si même les écureuils de Central Park avaient retenu leur souffle en sentant dans leur moustaches frémissantes ma vie basculer. J' ai tellement mal que j'ai l'impression qu'on m'a sectionné la jambe entière. D'ailleurs, si les secours n'arrivent pas très vite je devrai peut-être me résoudre à m'amputer moi même avec ma lime à ongle. J'achève tant bien que mal la volée de marches en couinant. Et surtout, je prie Dieu (Enfin Karl Lagerfeld) pour qu' il reste un pansement quelque part dans mon portefeuille. Sinon je pourrai toujours arracher un bout de ma jupe pour me faire un garrot. Mais vu sa longueur j'aimerais éviter d'en arriver là. (encore une fois vous croyez qu'un mec ce serait arreté pour me proposer un bout de sa chemise ? Sûrement pas ! Où diable est passé Chuck ??). Vous devez savoir que si mon portefeuille était doté d'un majeur il passerait son temps à le brandir dans ma direction, et cette nuit ne fait pas exception. C'est toujours pareil ! Que ce soit pendant les soldes où je regarde si "des fois j'y aurais pas égaré un billet de 100 balles" ou maintenant quand j'espère un miracle, un sponsoring d'hansaplast ... Pas de pansement donc. De toute façon les pansements c'est comme les ballerines, c'est pour les petites joueuses... D'ailleurs si je tords la cheville à 85° vers l'extérieur la douleur devient presque supportable quand je marche, je sens à peine mon pouls battre dans mon talon. OH MON DIEU JE VAIS MOURIR. J'ai la démarche de "Beyonce ft. le chorégraphe de Thriller".

C'est donc en boîtant que j'arrive à destination, le 230 fifth.


Je me présente devant le vigile. Il me lance un regard hyper méfiant ( la douleur de ma plaie béante m' a arraché quelque larmes donc forcément le smokey eye en a pris un coup dans le sex appeal) Et puis j'ai tellement froid que je tremble comme si j'étais en pleine crise d'épilepsie, à coup sur il doit me prendre pour une junkie sous coke... Mais je réalise bien vite que son regard mauvais s'adresse en fait directement à mon gobelet au liquide verdâtre que je tiens toujours à la main (forcément toutes ces émotions m'ont coupé l'appétit) Je m'empresse de préciser que ce n'est que de la spiruline et que je ne compte ni la fumer ni la sniffer. Ah. Ah. Ah. Je me retiens de lui donner un coup de coude hilare dans les côtes ( Il risquerait de m'en briser 5 en réponse).
"Ahaha" donc...
Il réagit, de fait, assez mal à mon humour ravageur. Et mon rire de gorge n'y change rien. Je le regarde et n'arrive pas à décider de si il est sur le point d'éclater de rire, me faire une grande tape dans le dos et m'inviter à entrer faire la fête ou de me dégager comme une malpropre. Je précise alors que ma démarche claudiquante n'a rien avoir avec un quelconque état d'ébriété avancé mais que j'ai juste une ampoule ouverte et que si il ne voit pas le rapport il n'a qu'à googler 'ampoule ouverte pied" et il comprendra (Tant pis pour ma dignité). Mais rien n'y fait , il m'interdit l'accès. J'ai un hoquet d'indignation qui ne fait qu'aggraver mon cas.

Désespérée je fais quelque pas sur le trottoir ( En vrai je suis à cloche-pied parce que mon talon meurtri me fait vraiment trop mal).

Et c'est là que ce produit l'instant sur le point de transformer ma soirée pourrie en comédie romantique New Yorkaise, j'aperçois au loin, dans le tumulte de la saturday night fever, deux phares. Je plisse des yeux pour mieux voir (car mes lunettes sont rangées dans la même boîte que les pansements et les ballerines) et ce que j'aperçois me rappelle que Dieu existe. Car il s'agit d'une limousine... Qui s'approche de moi... Chuck enfin ! me dis-je. Je fais encore quelque pas vers la rue, les phares s'approchent, et puis comme dans un film en noir et blanc au ralenti, la longue voiture sombre s'approche du trottoir , s'approche de moi et...d'une effroyable flaque d'eau visqueuse de la taille d'une piscine olympique dont le contenu vient gicler sur ma robe à paillettes qui ne supporte que le nettoyage à sec, et ce avant de continuer sa route.

Fuck.
Mais vous savez quoi ? Je m'en fous. Parce que j'ai toujours su que j'étais plus une Carrie qu'une Serena...



Article précédent : Sur les pas de SEX AND THE CITY

dimanche, septembre 09, 2012

lundi, août 20, 2012

dimanche, août 12, 2012

vendredi, juillet 27, 2012

Pourquoi toutes les bonnes choses ont-elles une fin d'abord, et est-il physiquement possible de perdre 5 kilo pendant un vol de 10h ?


3kg alors peut-être ??

...Je suppose que si je m'affame (= refuse les lunch et breakfast de l'avion + évite la plaquette de Toblerone d'un kilo à la duty free) je devrais pouvoir rentrer en Belgique (snif snif) ni vu ni connu, comme si j'avais pas passé, genre, un mois à m'empiffrer comme un ver solitaire ( btw, je voudrais pas encore avoir l'air de l'hystérique hypocondiraque mais maybe que j'AI un ver solitaire... mais il peut rester là,hein, autant de temps qu'il veut). Et comme je n'avais ni balance ni miroir pied pour scruter ma graisse, j'ai un peu fait l'autruche et enfoui ma tête dans le cheescake...Je pensais que ça ne pouvait pas être si terrible que ça..

ERREUR !

Il n'a pas fallut plus longtemps que le temps d'enregistrer ma valise à JFK pour m'en rendre compte, quand l'hôtesse m'a annoncé d'un ton ferme et consterné, et avec autant de diplomatie que dr. House apprenant à sa patiente qu'elle va mourir, que j'avais "4 kilo de trop, waaaay too much" OMG OMG !! 'j'étais sur le point de tout avouer: mon addiction aux Frapuccinos moccha coco, ma liaison sulfureuse ac Ronald McDonald et toute les fois où j'ai pris le métro au lieux de marcher, quand elle a du voir qu'elle avait touché un point hyper sensible et a essayé de se rattrapper en disant qu'elle parlait de ma valise... Mais on ne me la fait pas à moi, j'ai bien vu que quand elle a dit "4 kilo de trop" elle regardait mes cuisses et pas ma valise, bitch !

Mais elle n'en est pas restée là, après m'avoir traitée de grosse vache de la façon la plus brutale qui soit, elle m'a placée au 11G,je me suis dit que c'était peut être les sièges réservés aux personnes à disability ? ( Après tout, l'obésité est une sorte de handicap aux USA et comme je suis "wayyy too much" grosse d'après elle ...) mais en m'installant dans l'avion je me rend compte que le 11G n'est rien de moins que l'une des des emergency exit, lourde responsabilité genre,déjà que je fais en sorte d'eviter les responsabilités au possible en temps normal et là je suis sensée ouvrir la porte de secours moi même ? Genre au milieu de toute la panique ambiante d'un CRASH aérien, les gens qui hurlent et pleurent parce qu'ils vont mourir, moi je devrais rester stoique et ouvrir la porte, et aussi la tenir aux gens tant qu'on y est ??! Je les connais même pas ces nazes ! Franchement j'ai déjà du mal à ouvrir une bouteille de vin alors la porte de secours, je le sens moyen. D'autant plus que, je me connais, je vais encore me retrouver avec la poignée dans la main, là on sera pas dans la merde. Comment tripler le nombre de victimes d'un crash d'avion à cause de la partie esprit pratique mal développée de mon cerveau (cette même partie qui gère le sens de l'orientation et a failli me coûter la vie dans Bronx). Je me demande si les médias arriverait à déterminer que c'est ma faute, genre en trouvant mon nom dans le fichier d'attribution des sièges de l'autre pétasse,je vois déjà le gros titre:

36000 morts dans un crash d'avion au dessus de l'Atlantique: Elle n'avait pas compris qu'il fallait tourner la poignée vers la droite. " La. Honte.

Evidemment on a le droit de ne pas le sentir et demander à changer de siège, seulement voilà, l'autre particularité de la place 11G de mon avion c'est que c'est le premier rang et qu'y a genre 3 mètre d'espace devant moi pour étaler ma graisse mes jambes devant moi. Sale dilemme: la vie des gens autours de moi ou mon confort personnel ? Qu'on peut parapharser par "sauver des inconnus ou éviter la thrombose veineuse des jambes? La vie est faite de choix douloureux, les amis.. Et y a 5 autres issues de secours, ça va hein. De toute façon, si jamais y a un crash (probabilité 0,005 %, en plus j'ai checké mon horoscope) je pourrai toujours aller me planquer aux toilettes comme ça c'est un des stewards qui ouvrira la porte muahahaha.

Comme j'avais une escale je me suis demandé comment rentabiliser le temps d'attente pour progresser dans mon super régime 5kg en 10h, et là j'ai eu une illumination: les grands tapis roulants qu'on trouve dans les aéroports! J'ai toujours pensé que c'était vraiment un truc de gros patapouffes, MAIS, et c'est là que réside tout mon génie, si on le prend à l'envers c'est exactement comme un tapis de fitness, géniale idée, vive moi ! Je vais déposer un brevet et vendre l'idée aux magazines féminins comme le nouveau hit du effortless gym, vraiment sensationnel comme méthode je suis là, sur mon tapis, je sens les calories brûler, ma culpabilité partir en fumé, mes cuisses reprendre taille humaine...Sauf que, comme d'habitude, les gens sont genre ultra relou style "j'ai un avion à prendre blabla je suis pressé blabbla donc c'est plus important que JE passe et JE me permet de bouger (et d'engueuler !) des pauvres gens qui essayent de lutter contre le diabete de type II en faisant de la gym effortless" En gros (c'est le cas de le dire), je pourrais mourir et m'étouffer dans ma graisse qu' ils me rouleraient encore dessus avec leurs valises. Dans quel monde on vit, franchement ?


PS: Autre signe alarmant de mon obésité en devenir, j'ai eu trop du mal à gonfler mon coussin dans l'avion, et l'essoufflement est un signal d'obésité.

PPS: Signe de vieillesse/fin de jeunesse cool et insouciante: j'ai un petit coussin gonflable, je suis non seulement une obèse mais carrément une mémé obèse ! )


jeudi, juillet 26, 2012

dimanche, juillet 15, 2012

Sur les pas de SATC



Chères lectrices, je l'ai fait.
Au nom de nous toutes, celles qui ont fantasmé sur Manolo Blahnik ,qui ont systématiquement comparé leur copain à Mr. Big, celles qui brunchent avec leurs meilleures amies le dimanche midi, celles qui rêvent d'être payées $4,5 la ligne chez Vogue... J'ai trouvé la maison de Carrie.



C'est l'un des secrets les mieux gardés de New York, du moins à l'époque où la série était encore tournée.

Les adresses que Carrie donne aux chauffeurs de taxi par exemple sont non seulement fake mais varient d'un épisode à l'autre,et ce afin d'égarer les pèlerines en stilletos.

Mais rien n'arrête BFF et je l'ai finalement trouvée.


Niché dans l'une des plus adorables rues que j'ai vue à NYC, au coeur de Greenwich Village,le 66 Perry Street,avec ses marches mythiques, sa grande porte, son browstone et la petite fenêtre en haut, d'où on jurerait apercevoir une tête bouclée derrière un macbook ouvert.




Bon, je ne suis pas la première à venir fantasmer sur ce perron et le petit panneau me le fait bien sentir, et refroidit tout de suite les ardeurs des fans les plus enthousiastes, en gros ça dit "foutez nous la paix bande de sale petite groupies hystériques, y a des gens qui vivent ici. Thank you". Y a même une petite boite qui nous invite à mettre un dollard quand on prend une photo, l'argent sera reversé à une association de protection des chiens ou quelque chose du genre; TRES MAUVAIS CHOIX, dans la mesure où les chiens sont la pire race de chaussurophage du monde... Carrie n'aurait certainement pas approuvé (pas pour rien qu'elle a envoyé ce bon vieux Aidan et son clebs à la gare)

Bref,quand la question du to be or not to be une enième greluche qui pose devant la maison genre-c'-est-là-que-j-habite-huhu s'est posée et je me suis dit que j'avais pas envie de me prendre une balle dans la tête en aprochant de trop près.

Au moment où j'immortalisais l'immeuble, une vieille dame est passée et s'est arrêtée en me regardant, j'ai eu peur que ce soit la proprio et qu'elle m'engueule, donc j'ai pris l'air de la fille qui est super concentrée sur l'arbre et je me suis préparée et lui répondre "sex and what? I don't watch porn !" avec mon air le plus outré, mais en fait c'était une gentille mamie qui m' a dit un truc par rapport à sex and the city que j'ai pas compris mais c'était bienveillant, et elle a même ajouté que Sarah Jessica Parker habitait juste derrière le coin (HIIIIIIIIIII).

Et effectivement: 57, Charles Street, la maison est quasi identique en plus !



Celle d'en face est à vendre, petit tuyau en passant pour celles qui auraient les moyens ^^





















Si vous continuez un peu plus loin, à l'angle de la 11e et de Blecker street (oui oui la même rue que le pop up store de Karl) vous arrivez à la fameuse Magnolia Bakery, dont la réputation n'était déjà plus à faire à NYC quand Carrie et Miranda ont commencé à se goinfrer de leur cupcakes....
Et
c'est vrai devant toutes ces péchés mortels (pour la ligne, entendons nous) on a juste envie de les manger à s'en faire exploser le ventre en confiant ses peines de coeur à se meilleure amie..

)

Elle est renomée pour son pudding à la Banane, mais je suis une petite fofolle rebelle alors j'ai pris un velvet cheesecake, so new yorkais !
(ET ils ont la délicatesse de ne pas vous jetez le nombre de calories à la tronche pour vous faire culpabiliser, fait assez rare à NYC





Et comme je m'étais installée dans un petit square juste en face de la patisserie pour dévorer mon butin, j'ai aperçu de l'autre côté de la rue un autre grand ami de Carrie...




j'ai aussi croisé environ 35 boutiques de vintage, y a pas à dire le quartier entier respire SATC.


 Article précédent: LOST IN NYC


jeudi, juillet 12, 2012

Lost in NYC

imaginez

vous êtes dans New York par une chaude soirée d'été, vous êtes seule, votre sœur a rejoint des amis à une soirée... Vers 22h30h vous décidez de regagner votre appartement, vous prenez donc le métro, là vous rêvassez jusqu'à ce que le numéro de votre station, le 125, apparaisse. C'est étrange vous ne reconnaissez pas la station...vous descendez quand même en vous disant que vous avez mal vu...Ah ben si c'est une station couverte alors que la votre est découverte, bizarre ça... Mais vous n’avez pas le temps de vous retourner que le métro a déjà filé. Bon, peut être que c'est une sortie différente de d'habitude, vous gravissez l'escalier qui mène à la sortie. Là, vous comprenez qu'il y a un problème. Vous n'êtes pas dans l'Upper West Side, vous êtes peut-être à une station n° 125 mais ce n'est certainement pas VOTRE 125. Pire. Vous êtes à une station 125 dans le Bronx, il est 23h, vous portez la jupe la plus courte de votre valise et vous n'avez pas de gsm avec vous parce que " de toute façon y a pas de réseau"... En un mot : Génial.




Vous voilà dans de beaux draps. Le sens de l'orientation atrophié a encore frappé.. Vous ne vous démontez pas pour autant et tenter de raisonner. Vous revérifiez le panneau qui brille de façon assez glauque au dessus de la bouche de métro, c'est bien écrit « 125 ». Vous en déduisez que vous êtes sur la 125e rue ce qui est déjà une bonne nouvelles mais trop à l'est ou trop à l'ouest, en tout cas trop au Bronx. C'est assez ennuyant comme situation dans la mesure où vous n'avez pas de boussole donc difficile de localiser l'Est et l'Ouest, vos années scout vous rappellent que la mousse pousse toujours du côté nord des troncs d'arbres, sauf que merci y a plus d'arbre dans le Bronx depuis 1492. Vous décidez d'utiliser votre instinct (alors que vous savez très bien que c'est une mauvaise idée, la dernière fois que vous avez fait confiance à cet enfoiré d'instincts c'était à un QCM de math et le résultat s'est avéré désastreux). Mais n'écoutant que ce gros baratineur qui croit tout savoir mieux que tout le monde (c'est pour ça que "instinct" est un mot masculin ^^) vous prenez à droite. Et puis de toute façon ça vous mènera bien quelque part, il sera toujours temps d'improviser au prochain croisement de rue. Sauf que plus vous progressez plus l'éclairage devient rudimentaire, le trottoir sale ( genre y a des taches ultra chelou par terre, du sang !) et l'atmosphère générale lugubre. A la 3e vitrine éclatée, vous décidez que vous vous êtes trompée de côté et rebroussez chemin, c'est là que vous croisez une bande d'individus tout à fait charmants qui s'adressent à vous dans un anglais dont vous ne comprenez pas toutes les subtilités mais discernez tout de même distinctement le mot "pussy" , suite à cela, vous tirez discrètement sur votre jupe. La dite jupe en jeans ultra courte donnait très bien à Union Square pour prendre le soleil, tout comme votre cropped top..là maintenant tout de suite, vous vous sentez aussi à l'aise que si vous étiez en porte jarretelles et cache tétons fluo. Mais vous savez que le plus important dans ce genre de situation c'est de garder la face et de ne pas montrer qu'on a peur et qu'on est perdue. Bon l'ennui dans le fait de ne pas montrer qu'on est perdue c'est qu'on ne peut pas sortir sa carte géante de New York , forcément on serait grillé tout de suite. Pour ce qui en est de ne pas montrer qu'on a peur vous jetez un œil dans une vitrine encore entière et là, pour le coup, vous arborez votre tête de lapin pris dans la phares d'une voiture la plus convaincante, la reine de la pokerface et du sang froid. Vous envisagez de cracher par terre pour vous faire respecter (heureusement que la télé est là pour vous enseigner les codes de la rue).



Vous vous dites finalement que la meilleure chose à faire c'est de demander votre chemin à quelqu'un, vous trouverez bien une bonne âme...vous jetez un œil aux alentours et force est de constater que tous les visages que vous croisez ont des sales têtes de tueurs, tous sans exception, et puis soudain vous repensez au cannibal de Miami. Vous apercevez un homme qui boite, et envisagez de lui demander à lui, comptant sur le fait que si il vous veut du mal vous n'aurez aucun mal à le semer. Mais c'est là que vous vous rappelez qu'en plus de votre jupe la plus courte vous portez vos chaussures les plus inconfortables évidemment, et que non seulement courir est complètement exclu, mais le simple fait de marcher semble assez limité dans le temps. Vous avez bien envisagé d'enlever vos chaussures mais il semble que vous ayez trouvé un sol encore plus dégueu que celui de l'aéroport, vous vous dite que quitte à mourir, autant mourir les pieds propres (est-ce que Jésus n'a pas dit un truc du genre dans la Bible?) de tout façon il manque environ 30 dents au boiteux, à tous les coups vous comprendrez rien à son explication donc c'est pas la peine. Soudain, lueur d'espoir, vous apercevez une silhouette féminine qui s'approche de vous, enfin silhouette féminine c'est un grand mot ce serait plutôt silhouette patibulaire pourvue de seins... vous vous sentez sortie d'affaire, vous pensez: instinct maternel, solidarité féminine, tout ça...Mais quand vous découvrez le visage de la dame en question vous faites marche arrière vers le vieux boiteux édenté, finalement tout à fait sympathique.

Ayant renoncé aborder quelqu'un vous décidez qu'il serait plus prudent de vous rediriger vers le métro (mais où etait il encore ?), sur le chemin vous apercevez encore une tache rouge par terre, vous êtes persuadée que c'est du sang et vous avez assez regardé NCIS pour savoir que cette petit goutte provient d'une balle tirée du trottoir d'en face par un gaucher. Juste à coté de vous l'alarme d'une moto se déclenche sans prévenir, là, ce n'est pas un sursaut que vous faites mais un bond de 5m, cheveux dressés sur la tête.
A ce stade là vous avez juste envie de vous rouler en boule par terre en position fœtale et de chanter une chanson de Disney pour vous réconforter...

Mais je ne fais pas durer le suspense plus longtemps, j’en suis sortie vivante entière, et j’ai appris par la même occasion que comme je pensais pouvoir prendre indifféremment les lignes de métro 1, 2 ou 3, en fait non ! Les 2 et 3 amènent directement à Harlem et au Bronx.

Sinon l’article donne quelque indices du foirage total de mon pèlerinage modesque « je portais une mini jupe et un cropped top » aaarg, oui je sais. Pire ! Quand je dis mes « chaussures les plus inconfortables, je ne parle même pas d’escarpins , mais de tong (dont la lanière me fait atrocement mal quand même).. Allez y jetez moi votre Birkin à la tronche, huez moi…Mais c’est la canicule à New York et je ne sais vraiment pas comment faisait Carrie pour déambuler en Manolo dans les rues sans fins sans perdre d’orteils dans l’opération (enfin, si je sais, cette sale riche prenait le taxi et pas ce fourbe de métro qui donne le même noms à 3 stations dispersées aux quatre coins de la ville)
L’autre fois je suis passée devant le building Conde Nast et j’ai baissé les yeux tellement ma tenue n’était pas digne de fouler le même sol qu’Anna…


Artticle précédent:  Health Inititive Issue

jeudi, juillet 05, 2012

Health Initiative Issue

*** Avertissement : Les opinions exprimées dans le présent texte n’engage que son auteur (Aurélie, département photo) et ne reflètent pas nécessairement le point de vue du groupe Brussels Fashion Flu et en aucun cas celui de ces autres dirigeants (heuu okay d’Annie ^^) ! ***

Cet été les rôles sont un peu chamboulés à BFF, d'un côté Annie qui va tenter de détrôner Scott dans son fief même et de l'autre me-myself-and i qui m'essaye à l’écriture d’un article pour raconter ma déception et mon incompréhension quant au Vogue paris de ce mois-ci et à la Health initiative issue.

Il faut dire que j’attendais avec impatience de pouvoir découvrir ce numéro, les médias ayant assez bien relayé la Health Initiative dans laquelle Vogue promet d’ « encourager une approche plus saine de l’image du corps dans le milieu de la mode » et d’éviter, en autre, d’avoir recours à des mannequins d’une maigreur excessive.
Interviewée par un journaliste de l’afp, Emmanuelle alt explique: « Chez Vogue, on veut que l'identification des jeunes filles aux images de mode se fasse sur des bases saines, sur des corps normaux de filles normales, en âge de travailler. J'adorerais qu'on revienne aux années 90, quand les mannequins les plus en vue étaient Claudia Schiffer, Linda Evangelista, Cindy Crawford ou Naomi Campbell, des femmes plantureuses qui avaient deux tailles de plus que les filles de maintenant. Elles avaient de la poitrine, elles avaient des fesses, elles avaient des cuisses. On considérait qu'elles avaient des corps idéaux, ces filles n'ont pas été remplacées en termes d'icônes.» http://www.lexpress.fr/styles/minute-mode/emmanuelle-alt-interview-vogue-paris-regrossit-les-mannequins-par-ordinateur_1122203.html

Vanity Fair (septembre 2008), Mario Testino. Stephanie Seymour, Christy Turlington, Linda Evangalista, Claudia Schiffer, Cindy Crawford, and Naomi Campbell.


Et de fait la couv’ est plutôt prometteuse.


Alors naturellement en voyant ce spécial formes, ce retour des courbes, ce « j'adorerais qu'on revienne à des femmes plus plantureuses », je m’imagine un numéro sexy, voluptueux, presque un peu décadent (ahh la nostalgie de l'époque roitfeldienne…!). Pour les ceusses du fond qui n'auraient pas bien compris, je m’ imagine un peu plus de cul, de sein et de hanche que d’habitude, je m’imagine Lara Stone, Laetitia Casta, et Crystal Renn dans toutes leurs splendeurs.

Vogue paris (august 2010), David Sims, Crystal Renn

Vogue paris (may 2012), Mario Testino, Laetita Casta

Vogue paris (march 2008), Mert & Marcus, lara Stone.


Autant dire vous dire tout de suite que j'ai été un tantinet déçue!

Vogue paris (june/july 2012), Inez & Vinoodh, Gisèle Bundchen

Pas de Naomi/Claudia/Cindy/Linda, ni même le cul de Laetitia, les cuisses de Crystal ou les seins de Lara! Pas de voluptueux ni de décadent mais à la place je découvre plus en profondeur la Health Initiative Issue et Gisèle Bundchen, « preuve en muscles qu’une plastique radieuse se gagne au quotidien. »

La Health Initiative Issue est décrite comme un « pacte entre les différents rédacteurs en chef de Vogue (…) qui tend à encourager une approche plus saine de l’image du corps dans le milieu de la mode».
Toujours dans la même interview de l’afp, Emmanuelle Alt explique en partie le pourquoi : « On s'est rendu compte, il n'y a pas très longtemps, qu'à la retouche numérique des photos, on fait l'inverse de ce qu'on faisait il y a quelques années: on regrossit les filles. C'est une alerte. »

Pour faire face à cela, ils ont décidé de mettre en place différentes mesures telles que ne pas photographier « des mannequins de moins de 16 ans ou des jeunes filles qui présentent à l’évidence des troubles de l’alimentation », de mettre en place des programmes de parrainage entre les mannequins, ou encore demander aux producteurs de mettre en place « des conditions de travail propices à l’équilibre des mannequins, entre autres par le choix d’aliments sains » (c’est bien connu que les mannequins abusent un peu trop de junk food !!), enfin ils encouragent les vilains créateurs « à réfléchir aux conséquences de leurs actes lorsqu’ils fabriquent des prototypes d'une taille ridiculement petite, ce qui a pour conséquence de limiter le nombre de mannequins qui pourront être photographiés dans leurs vêtements et qui encourage le recours à des silhouettes d'une maigreur excessive. » (Nondidju Karlito c'est fini maintenant ces clowneries, au coin on t'a dit!)

Dans son édito, Emmanuelle Alt enfonce le clou en soulignant la responsabilité des magazines et leurs éventuels dérapages : « Si les magazines de mode existent pour colorer la vie des femmes, ils n’en ont pas moins une responsabilité quant aux images et aux messages qu’ils véhiculent. Et ces dernières années, force est de constater que la valorisation de corps stéréotypés, de silhouettes à la minceur radicale a pu provoquer des dérapages qu’aucun titre n’a sincèrement anticipés et ne saurait cautionner. Conscient de sa force de frappe, de l’impact des partis pris, Vogue se fait la voix de la raison et définit clairement les contours d’une beauté qui s’épanouit absolument au diapason de la santé et du bien-être.»

Jusque-là tout va bien, on sent bien que ce sont surtout des vœux pieux, ces mesures n’étant ni très engageantes ni très contraignantes, mais disons que l’intention est louable. Et puis sans crier gare, la Health Initiative Issue prend une tournure un peu plus dérangeante. Dans son édito et dans le texte d’introduction, Emmanuelle me promet « toutes les clés pour se sculpter une silhouette tonique et harmonieuse sur un mode personnel, loin des clichés universels. Valorisation des courbes, alimentation vivante (...) toutes les étapes nécessaires à la conquête de l’équilibre sont déclinées ici. (...) Et même si la nature fait parfois des miracles, les miracles s’entretiennent au prix d’une discipline en béton.» « Un encouragement au culte de la silhouette et de l’esprit certes, mais dans une logique de bien-être et d’épanouissement contre les diktats toxiques et la tyrannie du formatage. »

Huuuuuu culte de la silhouette, ah ouais, merde, quand même! A BFF on a déjà le culte de Karl, de Johnny Depp et des Killer Shoes, je ne suis pas sûre d’avoir le temps (ni l'envie...) de rajouter le culte du corps. En plus j'apprends que pour atteindre l'équilibre sur le plan de la santé et du bien-être, je dois m'astreindre à une discipline en béton. Oh boy, autant vous dire que discipline en béton ça me parle encore moins que le culte de la silhouette. J'en étais restée au « mens sana in corpore sano » et c'était déjà pas si évident que cela à mettre en pratique. Mais là le «corpore sano» se transforme en silhouette tonique et harmonieuse, aka le corps miraculeux, aka discipline en béton. On est comme qui dirait un cran au-dessus… chouette alors ! Mais comme dirait Anna: «Where's the glamour? It's Vogue, okay? Please, let's... lift it!».
Il semble donc que l’on passe d’une silhouette à la maigreur excessive (la faute à Karlito, rappelez-vous) à un encouragement au culte de la silhouette (tonique et harmonieuse) qui s’entretient au prix d’une discipline en béton. Heuuu oui, là c’est sûr on voit que Vogue il a tout bien compris et qu’il est pleins de bonnes idées pour « défendre au nom des femmes et de leurs équilibre, la protection du corps et le sens de son image (…) dans une logique de bien-être et d’épanouissement contre les diktats toxiques et la tyrannie du formatage ». Non vraiment c’est trop gentil, fallait pas vous donnez tout ce mal!

Emmanuelle Alt prend ensuite comme modèle Gisèle Bundchen qui « révèle en exclusivité les dessous de sa silhouette et de son état d’esprit radieux (….) Autant de réflexes et d’attention à soi qui, s’ils comblent le top model, devraient aider toutes les girls next door à se sentir plus belles et sûres d’elles. »
Je découvre que pour combattre les corps stéréotypés et la tyrannie du formatage, Vogue me propose de suivre les pas de la perfect girl et de me faire un corps parfait (Non non, ça n’est pas DU TOUT contradictoire !). Mais hey, on me promet quand même pleins de super conseils pour que moi, la girl next door (girl next door toi-même!), je puisse me sentir mieux dans mon corps.
Donc soit, je me re-focus sur Gisèle la bombasse, la «perfect girl, l’archétype de la fille athlétique et sexy ». Et bon clairement rien à redire, cette fille a un corps de folie, je pourrais me laisser convaincre.

Alors tout d’abord pour me faire cette silhouette tonique et harmonieuse, ce corps d’athlète, Vogue préconise (entre autre) : une optimisation ostéopathique, une retraite musclée (un bootcamp de 5 jours, comptez environ 5000 euros pour le programme et l’hébergement), un training sur lagon (env. 5500 euros la semaine pour deux) et un bootcamp aux tuileries avec l’équipe de Colette (gratos, mais faut avoir un pied-à-terre à Paris). Je constate que pour avoir un corps d’athlète il faut être riche, et je dis donc adieu au corps d’athlète.

Ensuite il me faut adopter une « alimentation vivante » qui est une « alimentation à haut voltage dotée d’un champ vibratoire unique, boostée aux enzymes, 100% basifiante, riche en chlorophylle, et à haute densité nutritionnelle (comprenez bio). » Pour cela je dois consommer «tous les jours sans exception pour ne jamais se sentir fatiguée » : jeunes pousses, graines germées, algues d’eau douce (comme la spiruline ou le klamath), fruits et légumes ultra-pigmentés, jus d’aloé vera, jus de végétaux lacto-fermentés, pollen frais (eeet merde, j’ai que du pollen en conserve!), jus d’herbes, graines de chanvres, baies d’açaie et supprimer le blé et les laitages (rien que ça !).
Alors déjà bonne chance pour se procurer toutes ces bonnes choses qui, de toute évidence, sont «essentielles au maintien du potentiel électrique et énergétique de nos cellules à un haut niveau vibratoire» (tu m’en diras tant!), mais après faut arriver à avaler tout ça (et vomir après ça compte pas!).

Et là je dois dire qu’Annie est la seule personne que je connaisse qui soit capable de boire un genre de smoothie à la spiruline en arrivant à te faire croire que ce n’est pas si mauvais que ça en a l’air (en même temps elle est aussi la seule personne que je connaisse qui a déjà la silhouette tonique et harmonieuse de Gisèle et qui est capable d’affronter les pavés bruxellois sur des talons de 15, ce qui l'exclu d'emblée de la catégorie des girls next door et fait d'elle une perfect girl incarnée ! C'est ma bff d'amouuuur quoi! :))
Sauras-tu trouver quelle boisson appartient à qui ?

Car même Marc Jacobs admet que tous ces jus bizarres ça goute le vomis de bébé ! (Quoi, tu n’as pas vu le documentaire de Loic Prigent sur Marc Jacobs ?! Sors de ce blog tout de suite, mécréant !) Mais après rien à dire, le résultat est là!



Donc si je résume, Vogue essaye de me faire avaler de l’herbe à l’aide d’un langage pseudo-scientifique pour me convaincre de son caractère indispensable. Je crois que vogue m’a confondu avec un herbivore qui s’ignore! Je dis donc adieu à l'alimentation vivante.

Comme dernier conseil vogue recommande vivement une sugar detox. Une sugar… Ahahahahahahahahahahaha, une sugar detox! Vogue a de l’humour, car Dieu sait que si le cappucino c’est la vie, le sucre dans le cappucino c’est le paradis ! (Et là même Annie le dit ! Va relire tes classiques: http://brusselsfashionflu.blogspot.be/2010/08/pretes-lacher-vos-killershoes-pour.html).
Mais si tu n’es pas faible comme moi (ou Annie), le Dr André te conseille de coupler le sevrage à une thérapie cognitivo-comportementale et à des comprimés réducteurs d’appétits, ou encore d’utiliser l’Ondamed, « un appareil médical qui émet des fréquences ciblées permettant de rétablir l’équilibre électro-magnétique de l’organisme, cerveau compris » (Espèce de déséquilibré du bulbe qui s’ignore !).

Pour finir ma transformation en perfect girl, Gisèle Bundchen me dévoile ses conseils pour m’aider moi, la simple girl next door, à me sentir plus belle et sûre de moi (Parce que forcément une girl next door ne peut qu’être mal dans sa peau et peu sûre d’elle). Gisèle qui « pratique la pensée positive, se réénergise pieds nus dans la nature et accouche chez elle en méditant (wait, what !?!). Elle mange green, se détoxine au jus d’herbes (je me détoxine, tu te détoxines, il se détoxine… ah oui, non pardon, détoxifier, au temps pour moi et mon cerveau déséquilibré par tout ce sucre!) et cultive son potager bio (Si à 30 ans on n’a pas de potager bio, on a quand même raté sa vie de perfect girl !) ».

Là je dois bien avouer qu’après avoir lu tous les bons conseils de vogue plus tous les bons conseils de Gisèle la bombasse, je me suis vraiment sentie démoralisée et découragée comme une girl next door au pied d’une gigantesque montagne avec au sommet Gisèle et son perfect body. Et face à ce chemin de montagne escarpé où chaque étape me couterait un bras et où je ne pourrais me nourrir que de baies, d’herbe et pollen frais ; moi, mon cul, mes pieds et mes killer shoes, on a dit NO WAY à la grimpette jusqu’au perfect body de Gisèle et on a pris un muffin en plus du cappu pour se consoler !!

Et pile à ce moment-là, je tourne la page et que vois-je ?! Les seins de Lara ! Sauvée me dis-je! Ses seins qui sont là pour illustrer l’article « l’envers du miroir ». On peut y lire l’interview d’un psy qui explique comment le fait de se comparer à des modèles inatteignables nous fait nous sentir si mal.
Extraits choisis : « Souffrir pour être belle, dit-on. Mais souffrir encore bien davantage et plus cruellement de ne l’être jamais assez, en tout cas à ses propres yeux. […] la quête impérative et impitoyable de beauté et jeunesse tourne alors à l’obsession douloureuse et à la souffrance pathologique. »
« Mais ce qui importe c’est de faire la différence entre le légitime et naturel soin de soi et l’obsession de soi : s’il est normal de chercher à être aussi beau que possible, il devient problématique de vouloir ressembler à des canons imposés et de nier le passage du temps. »
« … Ainsi les femmes (…) vont trouver à se comparer en permanence aux plus belles femmes du monde. Car les corps féminins que les femmes voient le plus souvent au quotidien ne sont pas ceux de leurs sœurs ou amies, mais ceux des top models, qui vendent leurs corps à la publicité et aux magazines. La multiplication de ces comparaisons crée une insécurité, ce que les sociologues appellent les « tensions comparatives » : comme elles se font en notre défaveur, évidemment elles nous perturbent. On se lance alors dans une quête absurde et même suicidaire de la perfection physique. »
« Cette façon de penser la beauté en termes de performance et de perfection est un piège terrible dans lequel tombent des milliers de femmes. »

Autrement dit, montrer des perfect girls comme modèles à suivre à des girls next door ne peut pas avoir les effets positifs décrits par Emmanuelle Alt, comme se sentir plus belle et avoir plus confiantes en soi. Au mieux les girls next door ne se sentiront simplement pas concernées, au pire elles se sentiront encore plus mal qu’avant, plus insécures et plus déprimées de ne pas arriver à atteindre ces objectifs impossibles et absurdes.

C’est une réaction plutôt facile à comprendre. Si j’ai, par exemple, comme bonne résolution de me (re)mettre à pratiquer une activité physique comme de faire un footing le dimanche matin, inutile de me donner pour objectif d’arriver à faire tout de go dix fois le tour du parc royal comme Olivia, une collègue perfect girl, qui te fais ça sans s’arrêter/ transpirer/ haleter comme un chihuahua qui souffrirait de tachycardie /être toute rougeaude/ complètement décoiffée. Non j’irai plutôt accompagner Alice, une amie girl next door, qui s’y est mis depuis quelques mois, que j’arriverai à suivre, avec qui je n’aurai pas honte de courir parce que je sais qu’elle aura la même tête d’épouvantail que moi, et qui en plus saura me donner quelques conseils facilement applicables pour que je puisse m’améliorer et persévérer petit à petit.

En plus scientifique: « Choisir de se comparer avec des personnes de son groupe d’appartenance (entre girls next door) peut présenter des vertus motivationnelles. Un membre de notre groupe qui réussit mieux que nous-mêmes peut nous servir de modèle et favoriser nos efforts personnels sans que sa bonne performance diminue notre estime de soi.» « Les comparaisons ascendantes (une girl next door qui se compare à une perfect girl) étant le plus souvent douloureuse pour l’estime de soi. » « Plusieurs recherches ont permis de montrer que penser du bien de soi favorise l’effort et la persévérance lors de difficultés. »
BOURGEOIS, Etienne, GALLAND, Benoît, (Se) motiver à apprendre, Presses Universitaires de France, 2006, collection Apprendre.

Je trouve que c’est une bonne illustration de pourquoi dans certains domaines on suit autant de blog et qu’on leur accorde autant (si pas plus) de crédit que les magazines, tout comme on préfèrera se comparer et choisir comme modèle une actrice/chanteuse à un top model, une blogueuse à une actrice/chanteuse, et notre meilleure amie à une blogueuse, car c’est encore ce qu’il y a de mieux pour préserver notre estime de soi et arriver nous améliorer vraiment.

Alors faut-il arrêter de montrer des mannequins filiformes dans les magazines de mode ? Je ne pense pas. J’apprécie toujours pouvoir admirer la beauté et le corps de brindille de Kate Moss, Anja Rubik et autres. Tout comme j’aime admirer les formes de Lara Stone ou de Laetitia Casta. J’aime la manière dont tous ces corps sont mis en valeur par les photographes, j’aime cette diversité des corps, la façon dont ils sont sublimés chacun à leur manière. Vogue l’a déjà fait dans le passé et je ne comprends pas pourquoi Emmanuelle Alt, pour ce numéro spécial formes, est passée à côté. Je ne comprends pas cette hypocrisie, cette schizophrénie entre ce qui a été relayé par la presse, les interviews qu’elle a donné, la Health Initiative ratifiée par tous les vogues, le discours des experts interrogés spécialement pour et ce qu’on peut voir dans le numéro.

Voici ce que ça donne lorsque Emmanuelle décrie les corps stéréotypés, les silhouettes à la minceur radicale et la tyrannie du formatage.




Et mon incompréhension est d’autant plus grande qu’il était encore possible avec des mannequins filiformes de faire un numéro plus formes et en courbes que ça, surtout au vu de ce qu'ils avaient pu faire dans le passé.
Vogue paris (june 2010), Mario Sorrenti, Kate Moss.

Vogue paris (october 2011), Mert & Marcus, Anja Rubik

Vogue paris (décembre 2005), Steven Klein, Natalia Vodianova.

Après tout est-ce trop demander que de voir cohabiter dans un même numéro ces différents mannequins et leur différente morphologie?
Vogue italia ( june 2011), Steven Meisel.

Vogue paris (mars 2010), David Sims, Iselin Steiro

Vogue paris (octobre 2010), Steven Meisel, Lara Stone.

Vogue italia (december 2011), Steven Meisel, Karlie Kloss

« I think it's better that you're not skinny-skinny. It makes the point that you're real people, not models. Everybody's not perfect in this world. I mean, it's enough that the models are perfect » Grace coddington





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jeudi, juin 28, 2012

Comment j'ai cru que j'étais au paradis mais j'étais juste dans le pop up store de KAAAARL


Plus qu'un pop up store, c'est un véritable temple voué au culte du Dieu Karl qui s'érige au 375 Bleecker à NYC, ceux qui n'aiment pas karl auront certainement envie de vomir, moi j'ai eu un fashion orgasme.




Voyez plutôt:

Karlito is watching you

Je me maquille karl

Je dors avec Karl

Je m'habille Karl (Chanel c'est pour les beaufs)



Je voulais complètement acheter cette poupée pour me faire un petit autel et encore rendre hommage à karl quand je serai rentrée chez moi...


That's the idea

Je propose que la prochaine étape soit un parc d'attraction, on l'appellerait KarlitoLand, y'aurait des mecs déguisé en Karl partout, des BurgerKarl, des attractions simulation de front row avec défilés Chanel holographiques, un truc où on pourrait lancer des tomates sur des grosses, des ateliers régime pour les enfants,et plein d'autre trucs made in Karl ! !


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